Vincent VDH

Luc Gohin

Acro-danse

France



Après être mort le jour de ma naissance, deux mois en avance sur l’ordre naturel des choses, j’ai conservé cette envie de ne pas mourir tout de suite. 
J’ai été familiarisé tôt avec les grands espaces vides, j’ai chevauché mon âne jusqu’à ce que je galope plus vite que lui. J’ai frappé toutes les plantes de la forêt, j’ai tué des centaines de créatures des centaines de gens, j’ai érigé des royaumes et après je me suis fais frapper à l’école parce que j’étais costaud.
Parfois on ne partage avec l’autre, qu’une incompréhension réciproque. Et ça lui suffit. 

Par projection parentale, j’ai fais du cheval, du théâtre, et de la voltige équestre. Lorsque j’ai découvert que rien n’était vraiment imposé, et que j’avais quand même droit à la barre de céréale je suis descendu du cheval, et j’ai continué de stocker des triglycérides. 
Je fais de l’acrobatie parce qu’on ne me l’a pas demandé et Parce que ça n’avait pas l’air gagné. 
Alors par empathie naturelle, il fallait que je m’aide.

Après m’être assuré pendant quinze ans que je n’avais pas le goût de l’éducation nationale je me suis présenté.
A l’ENACR, j’y ai rencontré la danse qui ouvre une dimension sensible au mouvement, aujourd’hui inhérente à ma pratique. J’ai travaillé longuement à devenir dynamique, pour surprendre, du fait de ma grande taille. J’aime osciller entre fulgurances et relâchement.

Au Cnac, j’ai développé une recherche plus proche du sol, inspirée du breakdance, qui garde une dimension acrobatique et qui m’a permit d’homogénéiser ma pratique. Je suis très empreint du travail de Peeping tom, hybridation de danse et de théâtre.

Je m’investis également dans le rap et le beatmaking depuis une petite dizaine d’année à cause du besoin inexorable de raconter et du corps à qui parfois il manque des mots. Je tends à trouver un moyen de faire coexister ces passions sur scène qui évoluent pour l’instant en parallèle. (Album ‘’Sauce qui peut’’ sur toutes les plateformes).
Parfois on ne partage avec l’autre, qu’une incompréhension réciproque. Mais ça peut changer.